Une 1ère sur l’île : des patientes atteintes de fibromes utérins traitées par radiofréquence au CHU de La Réunion.
Les équipes du CHU de La Réunion ont proposé aux patientes atteintes de fibromes utérins un traitement innovant par radiofréquence. Une première sur l'île.
Le communiqué du CHU :
Le mois dernier, les équipes du CHU de La Réunion ont proposé aux patientes atteintes de fibromes utérins (tumeurs non cancéreuses dans l’utérus), un traitement innovant et moins invasif par radiofréquence. Avec des premiers résultats prometteurs, le CHU espère intégrer de manière pérenne cette approche, afin que les patientes réunionnaises puissent bénéficier des mêmes avancées chirurgicales qu'en métropole.
Très fréquents chez les femmes en âge de procréer, les fibromes utérins concernent jusqu'à 30 % des femmes à partir de 35 ans. Bien qu’ils soient souvent asymptomatiques, ils peuvent parfois entraîner des troubles qui perturbent la vie quotidienne : règles abondantes ou prolongées, douleurs pelviennes ou lombaires, troubles urinaires ou digestifs, infertilité ou complications pendant la grossesse.
La radiofréquence, une approche innovante
Heureusement, plusieurs options thérapeutiques médicamenteuses et chirurgicales existent pour soulager ces symptômes. Parmi elles, la radiofréquence, une technique relativement récente et prometteuse, qui permet de détruire les fibromes en les chauffant grâce à une sonde introduite dans l’utérus, et sous guidage échographique ou IRM. Cette méthode présente plusieurs avantages :
- Mini-invasive : pas d'incision majeure, les sondes sont de la taille de grosses aiguilles introduites à travers le vagin ou la peau sous contrôle échographique. L'intervention dure moins de 15 min.
- Une récupération rapide : la plupart des patientes peuvent reprendre leurs activités normales le lendemain après l’intervention.
- La préservation de l’utérus.
- Une réduction significative des symptômes : cette technique a montré de bons résultats pour réduire les symptômes des fibromes tout en minimisant les effets secondaires.
Un accompagnement médical et matériel
L'équipe a pu assister à des cours théoriques, et à des mises en pratique avec le traitement de 3 patientes par les chirurgiens du Sud ; ainsi qu’à des sessions de simulation pour les collègues des autres centres afin de se familiariser avec le matériel.
Les 3 patientes traitées ont été revues en post opératoire, avec diminution objective de la taille de leurs fibromes à l'échographie, des saignements, et de la sensation de pesanteur pelvienne.
Pour mettre en place cette technique, une machine spécifique est nécessaire. Aussi, l'équipe de gynécologie du CHU Sud a pu bénéficier d’un prêt de matériel de la part du laboratoire KEBOMED France et a également profité de cette innovation thérapeutique pour inviter d'autres gynécologues du CHU Nord et de toute l'île (privé et public).
Une technique à pérenniser sur l’île
Pour acquérir cette machine, des critères spécifiques doivent être remplis par les établissements. Actuellement, aucun établissement de l’île ne peut en disposer. Mais de prochaines sessions sont d’ores et déjà programmées pour juin 2025 au CHU de La Réunion, sur les sites du Nord et Sud.
Les équipes du CHU de La Réunion espèrent à long terme pouvoir proposer ce traitement toute l'année aux patientes par l’acquisition de la machine.
"J'ai participé à une formation sur la radiofréquence en 2023 au Kremlin Bicêtre à Paris, avec les Pr Perrine Capmas et Pr Hervé Fernandez, et j'ai pu pleinement comprendre les enjeux et l'intérêt de ce traitement pour les patientes. Cette équipe a maintenant un recul de plus de 2 ans sur cette technique avec des résultats très satisfaisants : amélioration de la qualité de vie des patientes, diminution des symptômes, et récupération très rapide. Les fibromes utérins, bien que fréquents, ne doivent plus être une fatalité. Les progrès de la médecine, notamment avec des techniques comme la radiofréquence, offrent aux femmes des alternatives efficaces, moins invasives, et adaptées à leurs projets de vie." Dre Phuong Lien TRAN
Source : CHU